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Comment choisir sa sauce tomate, sa mozzarella et ses ingrédients ?

Une bonne pâte et un bon four sont essentiels, mais la qualité des ingrédients joue tout autant sur le goût, la régularité et la rentabilité d’une pizzeria.

La bonne question n’est pas forcément :

« Quels sont les meilleurs ingrédients ? »

Mais plutôt :

« Quels ingrédients sont adaptés à ma pizza, à ma cuisson, à mon volume de production et à mon prix de vente ? »

Un produit très haut de gamme peut être excellent mais mal adapté à votre organisation, trop humide, difficile à travailler ou irrégulier dans son approvisionnement.

En professionnel, il faut trouver le bon équilibre entre qualité, facilité de travail, régularité et coût.

Bien choisir sa sauce tomate

La tomate est présente sur une grande partie de la carte. Son goût, son acidité, sa texture et sa teneur en eau ont donc une influence directe sur le résultat final.

Vous pouvez travailler avec :

  • des tomates pelées ;
  • de la pulpe ;
  • des tomates concassées ;
  • une sauce déjà préparée.

Aucune solution n’est systématiquement meilleure qu’une autre.

Les tomates pelées permettent de maîtriser davantage la texture. La pulpe offre souvent plus de rapidité et de régularité. Les sauces prêtes à l’emploi peuvent simplifier la préparation, à condition de bien vérifier leur composition et leur assaisonnement.

Le critère essentiel reste le comportement sur la pizza.

Une sauce trop liquide peut détremper le centre, ralentir la cuisson et se cumuler avec l’humidité libérée par la mozzarella.

Une tomate légèrement plus chère mais plus dense peut donc finalement offrir un meilleur rendement.

La tomate San Marzano est-elle indispensable ?

Non.

La tomate San Marzano bénéficie d’une excellente réputation et peut avoir toute sa place dans une pizzeria d’inspiration napolitaine.

Mais son appellation ne garantit pas à elle seule que le produit sera le mieux adapté à votre recette.

Une autre tomate professionnelle peut parfaitement donner un excellent résultat.

Le plus important reste de tester le produit avec votre pâte, votre mozzarella et votre cuisson.

Assaisonner et doser sa sauce

Certains pizzaiolos utilisent simplement de la tomate et du sel. D’autres ajoutent :

  • de l’huile d’olive ;
  • du basilic ;
  • de l’origan ;
  • de l’ail ;
  • différents aromates.

Il n’existe pas une seule bonne recette. En revanche, votre recette doit être reproductible.

Évitez les assaisonnements réalisés « à l’œil » lorsque plusieurs personnes travaillent en cuisine.

Définissez également la quantité de sauce utilisée pour chaque taille de pizza.

Quelques grammes supplémentaires paraissent insignifiants, mais répétés sur plusieurs milliers de pizzas, ils influencent directement le coût matière.

Bien choisir sa mozzarella

La mozzarella est souvent l’un des ingrédients les plus importants, aussi bien pour le goût que pour le coût de revient.

Elle influence :

  • le fondant ;
  • l’humidité ;
  • la coloration ;
  • la texture ;
  • l’aspect visuel de la pizza.

Le fior di latte, fabriqué à partir de lait de vache, est très largement utilisé en pizzeria.

La mozzarella di bufala, fabriquée à partir de lait de bufflonne, offre généralement un goût plus marqué mais peut également contenir davantage d’humidité.

Il n’est pas nécessaire de choisir entre les deux pour toute votre carte.

Le fior di latte peut devenir votre mozzarella principale et la bufala être réservée à certaines recettes.

Attention à l’humidité

Une mozzarella très humide n’est pas forcément mauvaise, mais elle doit être utilisée correctement.

Trop d’eau peut détremper la pizza, compliquer la cuisson et dégrader le résultat après quelques minutes dans une boîte.

Selon le produit, il peut être nécessaire de :

  • l’égoutter ;
  • la découper à l’avance ;
  • adapter la quantité utilisée.

C’est particulièrement important pour les pizzerias qui proposent de la vente à emporter ou de la livraison.

Boule, bloc, cubes ou julienne ?

Le format doit être choisi en fonction de votre organisation.

Une mozzarella en boule demande davantage de préparation.

Les blocs permettent une découpe régulière.

Les cubes ou la julienne peuvent faire gagner beaucoup de temps et faciliter le dosage.

Il ne faut pas considérer qu’un produit déjà découpé est forcément moins professionnel.

Dans un établissement à fort volume, quelques secondes gagnées sur chaque pizza peuvent avoir une vraie importance.

Le meilleur format est celui qui permet de conserver la qualité tout en facilitant le travail.

Testez toujours la mozzarella sur une pizza

Ne choisissez jamais votre mozzarella uniquement en la goûtant froide.

Testez-la dans vos conditions réelles de production et observez :

  • sa fonte ;
  • sa coloration ;
  • son goût après cuisson ;
  • la quantité d’eau qu’elle libère.

Si vous faites de la livraison, dégustez également la pizza quinze ou vingt minutes après sa sortie du four.

Le comportement dans une boîte peut être très différent de celui observé immédiatement après cuisson.

Choisissez vos garnitures comme un ensemble

Une bonne pizza n’est pas une accumulation d’ingrédients haut de gamme.

Les produits doivent fonctionner ensemble.

Une charcuterie très salée peut nécessiter un fromage plus doux.

Un produit très aromatique peut être utilisé en plus petite quantité.

Une tomate puissante peut masquer une garniture plus délicate.

Chaque pizza doit donc être pensée comme une recette complète.

Charcuterie, légumes et produits frais

Pour la charcuterie, ne regardez pas uniquement le prix au kilogramme.

Tenez compte :

  • du goût ;
  • du rendement ;
  • des pertes à la découpe ;
  • de la conservation ;
  • de la quantité réellement utilisée sur chaque pizza.

Les légumes demandent eux aussi de l’organisation.

Certains libèrent beaucoup d’eau et devront être précuits, grillés ou préparés différemment avant utilisation.

Enfin, le produit frais n’est pas systématiquement la meilleure solution pour toutes les préparations.

Certains produits surgelés ou déjà préparés peuvent offrir davantage de régularité, moins de pertes et un vrai gain de temps.

Le choix doit toujours être fait en fonction du résultat obtenu sur la pizza.

Certains ingrédients sont meilleurs après cuisson

Jambon cru, mortadelle, burrata, roquette, basilic frais ou certaines huiles gagnent souvent à être ajoutés après la cuisson.

Cela permet de préserver leur texture, leur fraîcheur et leurs arômes.

Il faut donc également réfléchir au moment où chaque ingrédient est ajouté, et pas uniquement à sa qualité.

Ne multipliez pas inutilement les références

Une carte comportant énormément d’ingrédients devient rapidement compliquée à gérer.

Plus vous multipliez les références, plus vous augmentez :

  • le stock ;
  • les risques de perte ;
  • les produits ouverts ;
  • les ruptures ;
  • le temps de préparation.

Essayez autant que possible d’utiliser certains ingrédients sur plusieurs pizzas.

Un produit acheté uniquement pour une recette très peu vendue peut générer davantage de pertes qu’il ne crée de valeur.

Pesez vos ingrédients

C’est l’un des conseils les plus importants.

Définissez précisément la quantité de sauce, de mozzarella, de charcuterie, de fromage et de chaque garniture utilisée dans vos recettes.

Standardiser ne signifie pas être moins généreux.

Cela permet simplement de servir la même pizza à chaque client et de connaître réellement son coût.

Si une pizza doit contenir 100 g de mozzarella et que votre équipe en utilise régulièrement 130 g, la différence peut devenir considérable sur une année.

Ne comparez pas uniquement les prix au kilo

Le produit le moins cher à l’achat n’est pas forcément celui qui coûte le moins cher sur la pizza.

Il faut également prendre en compte :

  • le rendement ;
  • les pertes ;
  • l’égouttage ;
  • le temps de préparation ;
  • les quantités réellement utilisées.

Une mozzarella très humide peut perdre une partie importante de son poids après égouttage.

À l’inverse, une charcuterie plus chère mais très parfumée peut nécessiter une quantité plus faible.

Le véritable calcul doit donc toujours être réalisé par portion et par pizza.

La régularité d’approvisionnement compte aussi

Un excellent ingrédient devient problématique s’il est régulièrement indisponible.

Avant de choisir un produit important, vérifiez :

  • sa disponibilité toute l’année ;
  • les délais de livraison ;
  • les minimums de commande ;
  • l’existence éventuelle d’une référence de remplacement.

Dans une pizzeria professionnelle, la régularité de l’approvisionnement est presque aussi importante que la qualité du produit.

Faites des dégustations comparatives

Lorsque vous hésitez entre plusieurs produits, testez-les dans exactement les mêmes conditions.

Même pâte, même quantité, même cuisson et même garniture : ne changez qu’un seul ingrédient.

Vous pourrez ainsi réellement comparer le résultat.

Et si possible, faites goûter les pizzas sans indiquer le prix ou la marque des produits.

Le produit préféré n’est pas toujours le plus cher.

En résumé

Choisir sa sauce tomate, sa mozzarella et ses ingrédients ne consiste pas à acheter systématiquement les produits les plus réputés ou les plus chers.

La tomate doit avoir le bon équilibre entre goût, texture et humidité.

La mozzarella doit fondre correctement sans détremper la pizza.

Les autres ingrédients doivent apporter une vraie valeur à la recette tout en restant adaptés à votre organisation.

Pesez vos ingrédients, calculez leur coût réel par pizza et évitez de multiplier inutilement les références.

Enfin, testez toujours les produits dans vos propres conditions de travail.

La meilleure sélection est celle qui vous permet de proposer chaque jour des pizzas bonnes, régulières et rentables, tout en restant cohérentes avec l’identité de votre pizzeria.