Ouvrir une pizzeria demande généralement un investissement important. Travaux, matériel, mobilier, dépôt de garantie, stock de départ, communication, frais administratifs et trésorerie peuvent rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Le financement doit donc être préparé très tôt. L’objectif n’est pas seulement de trouver assez d’argent pour ouvrir les portes, mais aussi de conserver suffisamment de trésorerie pour absorber les premiers mois d’activité.
Avant de chercher un prêt ou des investisseurs, il faut savoir précisément combien coûte le projet.
Votre budget doit intégrer notamment le local, les éventuels travaux, le four, le pétrin, les équipements frigorifiques, les tables inox, la plonge, le mobilier, la caisse, les emballages, les premiers stocks, la communication et les frais liés à l’ouverture.
Il faut également prévoir une marge pour les imprévus. Dans un projet de restauration, certaines dépenses apparaissent souvent en cours de route : travaux supplémentaires, raccordements, ventilation, matériel oublié ou remplacement d’un équipement.
C’est une erreur fréquente.
Une pizzeria peut être parfaitement équipée et manquer pourtant de trésorerie quelques semaines après l’ouverture.
Pendant les premiers mois, vous devrez payer le loyer, les fournisseurs, les salaires, l’énergie, les assurances et les échéances de financement alors que le chiffre d’affaires n’aura peut-être pas encore atteint son niveau normal.
Le plan de financement doit donc intégrer un besoin en trésorerie de départ.
L’apport personnel correspond à l’argent que vous investissez vous-même dans le projet.
Il peut provenir de votre épargne, de la vente d’un bien, d’un précédent projet ou d’autres ressources personnelles.
Les banques demandent souvent au porteur de projet de participer financièrement à l’investissement. Le niveau attendu dépend toutefois du pays, du projet, du montant emprunté, du profil de l’entrepreneur et du niveau de risque.
Il n’existe donc pas un pourcentage universel d’apport valable pour toutes les pizzerias.
Plus votre apport est élevé, moins le montant à emprunter est important.
Cela peut rassurer les financeurs et réduire les mensualités.
Mais il faut éviter d’investir absolument toute son épargne dans le projet.
Conserver une réserve personnelle et professionnelle peut être beaucoup plus prudent que d’arriver à l’ouverture avec un compte presque vide.
Le crédit bancaire est l’un des moyens les plus courants pour financer l’ouverture d’un restaurant.
Il peut servir à financer les travaux, le mobilier, le matériel ou une partie du fonds de commerce selon le montage retenu.
La banque étudiera notamment votre apport, votre expérience, votre business plan, les prévisions financières, l’emplacement, le concept et votre capacité à rembourser le prêt.
Un dossier cohérent est donc essentiel.
Le business plan ne doit pas uniquement chercher à impressionner la banque.
Il doit montrer comment la pizzeria peut réellement fonctionner.
Chiffre d’affaires prévisionnel, panier moyen, nombre de commandes, coût matière, masse salariale, loyer, énergie, remboursements et trésorerie doivent être construits à partir d’hypothèses réalistes.
Un prévisionnel extrêmement optimiste peut au contraire fragiliser votre crédibilité.
Un financeur doit comprendre rapidement ce que vous voulez ouvrir.
Pizzeria sur place, vente à emporter, livraison, pizza napolitaine, concept premium, pizzeria familiale ou food truck : votre positionnement doit être clair.
Vous devez également être capable d’expliquer pourquoi vous avez choisi cet emplacement, quelle clientèle vous ciblez et comment vous comptez vous différencier.
Un projet lisible est généralement plus facile à défendre qu’un concept qui cherche à tout faire.
Le financeur voudra savoir si le marché existe réellement.
Montrez la population de la zone, les concurrents, les niveaux de prix, les habitudes locales et le potentiel du secteur.
Votre étude doit expliquer pourquoi vous pensez pouvoir atteindre le chiffre d’affaires prévu.
Il ne suffit pas d’affirmer que « tout le monde aime la pizza ».
Selon les pays et les fournisseurs, certains matériels professionnels peuvent être financés par crédit-bail, leasing ou location financière.
Au lieu d’acheter immédiatement le matériel, vous payez des loyers pendant une durée définie.
Cela peut réduire le besoin de financement initial, notamment pour certains équipements coûteux.
Il faut cependant comparer le coût total du financement, les conditions de fin de contrat, les assurances et les éventuelles pénalités.
Une mensualité faible peut sembler attractive, mais elle peut cacher une durée plus longue ou un coût total plus élevé.
Comparez le montant financé, la durée, le taux, les frais, les assurances et le coût total.
Pour un équipement professionnel, il faut également réfléchir à sa durée de vie.
Financer très longtemps un matériel qui devra peut-être être remplacé rapidement peut créer une situation inconfortable.
Les fabricants ou revendeurs de fours, pétrins ou équipements professionnels peuvent parfois proposer une solution de financement avec un partenaire.
Cela peut simplifier l’achat du matériel.
Mais comparez toujours cette offre avec d’autres solutions.
La facilité administrative ne signifie pas forcément que le financement est le plus avantageux.
Selon le pays, la région et le profil du porteur de projet, différentes aides peuvent exister : subventions, prêts à taux avantageux, garanties de prêt, dispositifs pour les créateurs d’entreprise ou aides à l’investissement.
Ces dispositifs évoluent régulièrement et peuvent être nationaux, régionaux ou locaux.
Il est donc important de vérifier les aides disponibles au moment où vous préparez votre projet.
Ne construisez toutefois pas tout votre plan de financement sur une aide qui n’a pas encore été accordée.
Dans certains pays, des réseaux d’accompagnement proposent des prêts personnels destinés aux créateurs d’entreprise, parfois sans garantie personnelle ou à des conditions avantageuses.
Ils peuvent renforcer l’apport et faciliter ensuite l’obtention d’un financement bancaire.
Les conditions varient selon les organismes et les territoires.
Ce type de financement peut être particulièrement intéressant pour un entrepreneur disposant d’un apport limité mais d’un projet solide.
Certaines structures publiques ou privées peuvent garantir une partie du prêt bancaire.
Cela réduit une partie du risque pour la banque.
Le fonctionnement dépend fortement du pays et du dispositif utilisé.
Il faut donc vérifier avec la banque ou les organismes spécialisés quelles garanties peuvent éventuellement s’appliquer à votre projet.
Vous pouvez également financer le projet avec un ou plusieurs associés.
Ils peuvent apporter de l’argent au capital, mais aussi des compétences complémentaires.
Un associé expérimenté dans la restauration, la gestion ou le commerce peut parfois apporter autant de valeur que son investissement financier.
Mais faire entrer quelqu’un au capital signifie également partager les décisions et, éventuellement, les bénéfices.
Il faut donc choisir un associé pour de bonnes raisons et définir clairement les rôles dès le départ.
Pour une pizzeria indépendante classique, rechercher des investisseurs extérieurs n’est pas toujours nécessaire.
Cette solution devient plus pertinente lorsqu’il existe un projet de développement important : concept duplicable, ouverture de plusieurs établissements, franchise ou forte ambition de croissance.
Un investisseur attend généralement un retour sur son investissement.
Il faut donc réfléchir à ce que vous êtes prêt à céder en échange du financement.
Le crowdfunding peut permettre de récolter une partie des fonds auprès du public.
Il peut prendre différentes formes selon les plateformes : dons avec contreparties, préventes ou investissement.
Pour une pizzeria, des contreparties peuvent par exemple prendre la forme de repas, soirées d’ouverture ou avantages futurs.
Mais une campagne demande beaucoup de communication et ne garantit pas que l’objectif sera atteint.
Elle doit plutôt être considérée comme un complément que comme l’unique source de financement.
Dans certains projets, vendre à l’avance des bons, cartes ou offres d’ouverture peut permettre de générer un peu de trésorerie.
Cette approche peut aussi mesurer l’intérêt réel autour du futur établissement.
Mais l’argent encaissé à l’avance correspond à une prestation que vous devrez fournir plus tard.
Il ne faut donc pas considérer toute cette somme comme un bénéfice disponible.
Si vous reprenez une pizzeria existante, le financement peut inclure le fonds de commerce, le matériel, les éventuels travaux et la trésorerie.
Dans ce cas, les financeurs peuvent également analyser les chiffres de l’établissement repris : chiffre d’affaires, résultats, loyers, clientèle et historique.
Une reprise rentable peut parfois être plus facile à financer qu’une création totale, car il existe déjà des données d’exploitation.
Mais il faut vérifier précisément ce que vous achetez et pourquoi le commerce est vendu.
Dépôt de garantie, droit au bail, travaux et mise aux normes éventuelle peuvent fortement alourdir le budget.
Avant de signer, demandez plusieurs devis et vérifiez les contraintes techniques du local.
Un local moins cher à louer peut finalement coûter beaucoup plus cher si vous devez refaire entièrement l’électricité, la ventilation, l’extraction ou les réseaux.
Le coût réel d’un emplacement ne se résume donc pas au loyer.
Acheter certains équipements d’occasion peut permettre de réduire fortement le budget de départ.
Tables inox, étagères, mobilier ou certains équipements robustes peuvent parfois être de bonnes opportunités.
Pour les équipements techniques importants, soyez plus prudent.
Four, pétrin ou froid professionnel doivent être contrôlés sérieusement, car une panne peu après l’ouverture peut coûter très cher.
Réduire le budget en achetant un four trop petit ou un pétrin insuffisant peut sembler intéressant au départ.
Mais si le matériel limite votre production pendant les gros services, l’économie peut rapidement devenir une perte de chiffre d’affaires.
Il faut chercher le bon équilibre entre investissement et capacité réelle.
Le matériel doit être dimensionné selon votre concept et votre volume prévisionnel.
Les gros investissements sont faciles à identifier.
Mais l’addition du petit matériel peut représenter une somme importante : bacs, pelles, couteaux, balances, récipients, plaques, poubelles, rayonnages, vaisselle, ustensiles et produits d’entretien.
Ajoutez une ligne spécifique dans votre budget.
Sinon, ces achats seront souvent payés directement avec la trésorerie au moment où vous en aurez le plus besoin.
Farine, tomates, mozzarella, charcuteries, boissons, emballages et produits d’entretien doivent être achetés avant les premières ventes.
Le stock initial dépend évidemment de la taille de la carte et du volume prévu.
Une carte courte peut réduire le nombre de références nécessaires au démarrage.
Évitez cependant de surstocker des produits fragiles uniquement pour obtenir un meilleur prix.
Enseigne, site internet, menus, flyers, photos, réseaux sociaux et éventuellement publicité locale doivent être budgétés.
Ce sont souvent des dépenses repoussées à la fin du projet lorsque le budget est déjà presque épuisé.
Pourtant, ouvrir une belle pizzeria sans prévoir comment faire connaître son existence peut ralentir fortement le démarrage.
Une partie du financement doit donc être consacrée au lancement commercial.
C’est l’un des points les plus importants.
Même avec une bonne étude de marché, vous ne savez pas exactement comment se dérouleront les premiers mois.
Le démarrage peut être plus lent, une machine peut tomber en panne ou une dépense imprévue peut apparaître.
Avoir une réserve permet de prendre de meilleures décisions que lorsqu’il faut absolument générer du cash immédiatement.
Le financement doit rester compatible avec l’activité.
Prêt bancaire, crédit-bail, véhicule, matériel loué : additionnez toutes les mensualités.
Une pizzeria peut avoir un bon chiffre d’affaires mais être fragilisée par un niveau de remboursement trop élevé.
Le financement doit aider le projet à démarrer, pas l’étouffer dès les premiers mois.
Comme pour votre étude de marché, travaillez avec plusieurs hypothèses.
Que se passe-t-il si le chiffre d’affaires est 20 % inférieur aux prévisions pendant six mois ? Pouvez-vous continuer à payer les charges et les emprunts ?
Un projet capable de supporter un scénario moins favorable est beaucoup plus solide.
Votre financement doit donc être réfléchi avec une marge de sécurité.
Ne déposez pas forcément votre dossier auprès d’un seul établissement.
Les conditions, la perception du projet et les garanties demandées peuvent varier.
Présenter un dossier clair et complet permet aussi de comparer les propositions plus facilement.
Lorsque cela est possible, négociez les conditions globales plutôt que uniquement le taux.
Un financeur peut vous poser des questions très concrètes.
Pourquoi cette ville ? Pourquoi ce local ? Pourquoi ce four ? Combien de pizzas pouvez-vous produire ? Combien devez-vous vendre chaque jour pour couvrir vos charges ? Que se passe-t-il si vous réalisez moins de chiffre d’affaires que prévu ?
Vous devez être capable de répondre sans improviser complètement.
Un entrepreneur qui maîtrise ses chiffres inspire généralement davantage confiance.
Pour financer l’ouverture d’une pizzeria, commencez par calculer précisément le coût total du projet et le besoin de trésorerie nécessaire après l’ouverture.
L’apport personnel et le prêt bancaire restent des solutions courantes, mais ils peuvent être complétés selon les pays et les situations par du crédit-bail, des aides publiques, des prêts d’honneur, des garanties, des associés ou du financement participatif.
Le plus important est de ne pas chercher uniquement à réunir assez d’argent pour ouvrir. Votre financement doit rester supportable une fois l’activité lancée et vous laisser suffisamment de marge pour faire face aux imprévus.
Le bon financement n’est pas celui qui permet simplement d’ouvrir la porte le premier jour. C’est celui qui permet à la pizzeria de continuer à fonctionner sereinement pendant les mois nécessaires pour atteindre son rythme de croisière.